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Qu’est ce qui change dans la demande de relevailles et comment adapter vos forfaits ?

Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture Par Jimenez Julien

Les familles ne demandent plus la même chose qu’il y a quelques années, et les professionnels de santé qui entourent le post partum non plus. Repérage renforcé du mal être maternel, sorties de maternité organisées, attentes de forfaits lisibles: cet article décrit ces mouvements et ce qu’ils impliquent concrètement pour votre offre.

Deux accompagnantes postnatales de générations différentes assises en cercle sur des chaises claires dans une salle associative lumineuse, coussins et tapis au sol après une rencontre
tendances, Le Cahier des relevailles

Cinq mouvements changent votre métier en ce moment. Le post partum est devenu un sujet de politique publique, le repérage du mal être maternel a désormais un interlocuteur identifié, les familles achètent des offres nommées plutôt que des heures, l’écrit est attendu partout, et les orientations viennent de plus en plus de professionnels de santé.

Ce que cela impose à votre offre tient en trois gestes: nommer vos forfaits par durée et par contenu, écrire une page de présentation destinée aux partenaires, et annoncer une durée de conservation des données familiales. Le reste de cet article détaille chaque mouvement et l’ajustement qui va avec.

Ce qui a bougéCe que la famille dit ou demandeCe que vous ajustez
Le post partum est nommé publiquementUn vocabulaire déjà formé, des questions précisesUn périmètre écrit, tâches prises et tâches refusées
Un entretien postnatal dédié existeOù faut il en parler, et à quiUne fiche d’orientation, pas un avis
Les offres se comparentCe que contient exactement le forfaitTrois durées nommées, une trame commune
L’écrit devient la normeContrat, plan, bilanTrois documents standardisés
Les orientations viennent des soignantsUne professionnelle vous a recommandéeUne page de présentation d’une seule feuille

Le post partum est devenu un sujet public

Il y a quelques années, vous expliquiez ce qu’étaient les relevailles. Aujourd’hui, la mère connaît le mot, sa soeur l’a employé, et son entourage attend de vous une réponse précise.

Une politique publique tournée vers les premiers mois

La stratégie nationale des 1000 premiers jours, portée par le ministère chargé de la santé, a installé le début de vie de l’enfant et la santé de la mère comme un objet d’action publique, avec des repères diffusés largement auprès des familles. L’allongement du congé de paternité et d’accueil de l’enfant intervenu en 2021 a produit le même effet dans les foyers: la question de l’organisation des premières semaines se pose désormais à voix haute, avant la naissance.

Les orientations publiques concernant la période périnatale sont présentées sur le site du ministère chargé de la santé et des solidarités, et vos interlocutrices s’y réfèrent parfois mot pour mot.

Ce que cela change dans le vocabulaire des familles

Les demandes ne sont plus formulées en termes de soutien général, mais en termes de tâches et de fenêtres de sommeil. On vous demande si vous prenez le linge, si vous cuisinez sur place, si vous restez pendant que la mère dort, jusqu’à quelle heure et à partir de quel jour.

C’est une bonne nouvelle, à une condition: que vos réponses existent par écrit avant la question. Une hésitation au téléphone se paie ensuite en heures grignotées, comme le rappellent les erreurs qui transforment un forfait de relevailles en disponibilité permanente.

Le repérage du mal être maternel change vos interlocuteurs

C’est le mouvement le plus structurant pour votre pratique, et le plus protecteur pour vous.

L’entretien postnatal réalisé par une sage femme ou un médecin

Le parcours postnatal comporte désormais un temps d’entretien dédié, conduit par une sage femme ou un médecin dans les semaines qui suivent l’accouchement, et centré notamment sur la santé psychique de la mère. Un second entretien peut être proposé lorsque la situation le justifie.

Concrètement, il existe un rendez vous identifié vers lequel diriger une mère qui va mal. Vous n’avez plus à choisir entre ne rien dire et improviser un accompagnement pour lequel vous n’êtes pas formée.

Votre rôle exact: observer, dire, orienter

Votre place tient en trois verbes, dans cet ordre, et rien au delà.

  • Observer: vous voyez la maison quatre fois par semaine, souvent plus qu’aucun professionnel de santé. Vous remarquez ce qui change, l’appétit, la parole, le rangement, le rapport au bébé.
  • Dire: vous décrivez ce que vous observez, à la mère elle même, en termes factuels et non interprétatifs. Vous ne nommez aucun trouble, vous ne rassurez pas non plus.
  • Orienter: vous rappelez l’existence de l’entretien postnatal, le nom de sa sage femme, et le numéro à composer sans attendre en cas d’inquiétude immédiate.

Cette division du travail vous simplifie la vie. Elle vous évite d’avoir à trancher, et elle vous permet de rester ce que vous êtes: celle qui tient la maison pendant que d’autres soignent.

Les familles achètent des forfaits, plus des heures isolées

La demande d’heures à la carte recule. Ce que l’on vous demande maintenant, c’est un objet fini, avec un nom, une durée et un contenu.

La demande de lisibilité avant la demande de prix

Les familles comparent, et elles comparent mal quand tout est en heures. Deux offres à volume identique paraissent équivalentes alors que l’une comprend les repas et l’autre non.

Une offre nommée règle ce problème avant qu’il n’apparaisse. La question du prix arrive alors en second, et elle porte sur un contenu, ce qui la rend discutable sans être humiliante pour personne.

Nommer le contenu plutôt que la durée

Reprenez votre offre actuelle et déclinez la en trois formats bâtis sur la même trame: une formule courte centrée sur le retour à domicile, une formule médiane qui couvre les premières semaines, une formule longue qui accompagne jusqu’à la reprise du travail. Même liste de tâches prises, même liste de tâches refusées, seul le volume change.

Le gain est immédiat sur les négociations: une famille qui hésite descend d’un format au lieu de vous demander une remise. Le découpage interne de chaque format est décrit dans notre article sur la façon de découper un forfait de relevailles en créneaux de repos tenables.

L’écrit devient la norme, y compris hors du soin

L’absence de document ne passe plus pour de la souplesse. Elle se lit comme un manque de professionnalisme, y compris chez des familles qui vous font entièrement confiance.

Contrat, plan et bilan comme trois documents attendus

Trois écrits suffisent, et ils se réutilisent d’une famille à l’autre. Le contrat, qui fixe le périmètre, le volume et les conditions d’annulation. Le plan, qui pose les créneaux semaine par semaine et ce que chacun contient. Le bilan de récupération, remis à la fin, qui montre ce qui a été couvert.

Le troisième est le moins répandu et le plus rentable. Une mère qui lit ce qui a été fait pour elle mesure la valeur du forfait au moment précis où se décide un éventuel renouvellement, et vous n’avez rien à plaider.

La question des données familiales, posée plus souvent

On vous demande maintenant ce que vous notez, où vous le conservez et pendant combien de temps. La question vient des mères, parfois des conjoints, et elle est légitime: votre carnet contient les nuits, les larmes et l’état d’une famille.

Une réponse en deux lignes au devis suffit: la nature des informations conservées, leur durée de conservation, et la suppression du dossier à l’issue de ce délai. Annoncée avant la signature, cette phrase est un argument. Réclamée trois mois après, c’est une réclamation.

Le travail en réseau se resserre

La part des familles qui vous trouvent seules diminue au profit de celles qui vous sont adressées. Cela change la nature de votre prospection.

Sages femmes libérales, protection maternelle et infantile, associations

L’organisation du retour à domicile après un accouchement fait l’objet de recommandations de bonne pratique publiées par la Haute Autorité de santé, et les professionnels qui les appliquent cherchent des relais fiables pour ce qui n’est pas du soin.

Une sage femme libérale, une puéricultrice de protection maternelle et infantile ou une association de soutien à la parentalité n’attendent pas de vous des compétences supplémentaires. Elles attendent une frontière nette et une orientation rapide en cas de doute.

Ce qu’un partenaire attend concrètement de vous

Votre page de présentation tient sur une feuille et contient cinq éléments: qui vous êtes et votre formation, votre secteur d’intervention, la liste des tâches que vous prenez, la liste de celles que vous ne prenez pas, et votre règle d’orientation en cas de signe inquiétant.

Elle ne promet ni bien être, ni allaitement réussi, ni sommeil retrouvé. Un partenaire de santé qui lit une promesse de résultat cesse de vous adresser des familles, parce que vous devenez un risque pour lui.

Comment préparer votre offre pour la saison qui vient

Trois ajustements suffisent, et ils se font sur un mois sans toucher à votre façon de travailler.

Trois ajustements réalisables ce mois ci

  1. Reformuler vos forfaits en trois durées nommées, sur une trame unique, avec le même tableau de tâches prises et refusées.
  2. Écrire la page de présentation destinée aux partenaires, et la porter en main propre aux deux cabinets qui vous adressent déjà des familles.
  3. Ajouter au devis la durée de conservation des informations familiales et la date de suppression du dossier.

Ces trois documents servent immédiatement, y compris sur les accompagnements en cours. Un exemple complet de forfait ainsi construit figure dans notre récit d’un forfait de six semaines après une césarienne avec un aîné à la maison.

Ce qu’il ne faut pas changer

Deux choses ne bougent pas, quelle que soit la pression de la demande. Le refus de tout acte de soin, d’abord: c’est lui qui rend possible le travail en réseau, et une seule exception vous coûte le partenaire.

Les limites horaires ensuite. Une professionnelle joignable en permanence n’inspire pas confiance, elle inquiète, parce qu’une famille comprend très vite que ce rythme ne tiendra pas six semaines. Vos bornes ne sont pas une réserve, elles sont la preuve que le forfait est calculé.

La demande évolue vers plus de lisibilité, plus d’écrit et plus de coordination avec les soignants: trois exigences qui vous vont bien, parce qu’elles récompensent exactement ce que vous savez faire. Nommer vos formats, écrire une page pour vos partenaires et annoncer vos règles de conservation vous place du bon côté de ce mouvement, sans rien ajouter à votre charge de travail.

La bibliothèque de forfaits et de devis, le plan hebdomadaire et le bilan de récupération remis à la mère sont réunis dans Releviane, où se rangent vos formats de forfaits et vos bilans.

Pour adapter vos formats avant la prochaine saison de naissances, demandez une démonstration de Releviane.

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Releviane pose le plan de relevailles, ouvre la page des créneaux à l’entourage proche, compte le temps inclus et le temps hors forfait, puis sort le bilan de récupération que vous remettez à la mère. Nous vous montrons le tout sur une famille que vous suivez en ce moment, puis nous vous disons franchement si l’outil convient à votre façon de travailler.

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